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Certificats, labels … welcome to the jungle

photo de la jungle

Cela a démarré avec les AOP, AOC, IGP, AB et autres du secteur alimentaire : des labels comme marqueurs de la qualité du produit alimentaire en garantissant notamment sa provenance. Aujourd’hui, tous les secteurs marchands qui souhaitent se différencier, à travers leurs marques, s’associent à des labels ou certifications. Tout ceci n’aide pas toujours le consommateur à s’y retrouver. Essayons donc d’y voir plus clair.

 

Agréments labels et autres certifications : de quoi parle-t-on ?

Un label est une sorte d’étiquette, un élément d’identification qui garantit certains aspects d’un produit, d’un service ou d’une entreprise et qui se matérialise généralement par la présence d’un logo. S’ils peuvent être nationaux ou internationaux, en France l’appellation « label » fait obligatoirement l’objet d’une reconnaissance officielle, c’est-à-dire d’une publication au Journal Officiel. Les labels sont basés sur un cahier des charges spécifique et font intervenir un organisme certificateur indépendant, qu’il soit privé ou public. Il existe des labels dans tous les secteurs : de la cosmétique (cf. ci-dessous) au numérique.

Labels cosmetique
Un agrément est à l’origine une autorisation officielle délivrée par les pouvoirs publics à une personne ou une organisation. L’agrément peut être délivré à des entreprises ou à des personnes, à qui il donne la permission d’exercer leur activité
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L’accréditation est un mode d’attestation des compétences et de l’autorité des organismes et des personnes dans un domaine donné. Un organisme accréditeur vérifie la conformité d’une personne ou d’une organisation par rapport à des normes définies en termes de compétences techniques et de mise en œuvre d’un système. L’organisme accrédité possède alors l’autorité nécessaire pour agir dans un domaine.

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Une certification est une reconnaissance de la conformité d’un organisme ou d’une personne avec un certain nombre de critères fixés par une autorité compétente. La vérification se fait sous la forme d’un certificat délivré par cette autorité (AFNOR, Bureau VERITAS, par exemple) pour attester de la conformité de la personne ou de l’entreprise certifiée avec les normes et les règlements en vigueur

Marque éthique ou ecoresponsable : de quoi parlons-nous ?

La prise de conscience par les consommateurs que la fabrication de certains produits avait de forts impacts sur notre environnement les ont amenés à regarder de plus près les étiquettes.

Qu’il s’agisse de la maltraitance animale, des produits toxiques utilisés pour extraire des minerais et rejetés tel quel dans la Nature, du travail forcé des enfants, des fibres synthétiques qui servent à fabriquer un T-Shirt … tous ces constats nous amènent à réfléchir à nos gestes de consommateurs et à adopter, ou pas, un comportement éthique ou éco-responsable : éthique pour être en cohérence avec nos principes moraux, sachant que ces derniers peuvent évoluer et dans le temps et dans la société dans laquelle nous vivons (l’esclavagisme, le droit de vote des femmes, la peine de mort, l’IVG etc.) ; éco-responsable qui fait preuve de responsabilité à l’égard de l’environnement au sens large.

Parce qu’il n’y a pas de normes établies et que la subjectivité est de mise, nous, Voie 21, nous avons établi nos propres critères pour promouvoir une marque. Ils sont au nombre de quatre. Chez nous, une marque éco-responsable doit s’engager à :

  • Respecter les ressources (terre – le sol, air, eau)
  • Respecter et contribuer au maintien de la biodiversité (faune, flore)
  • Respecter des conditions de travail décentes conformes aux normes de l’OIT (Organisation Internationale du Travail) avec une rémunération juste des travailleur·euse·s ;
  • Respecter et garantir la santé humaine qu’il s’agisse d’ingérer ou de porter le produit.

 

Quels sont les principaux secteurs d’activité concernés ?

Les secteurs de la mode (habillement), de la beauté (les cosmétiques) et de la maison (tous les produits pour la maison) sont les premiers qui se sont tournés vers l’obtention de label différenciant.

Par exemple, une marque éco-responsable du textile repose sur des réglementations tant sur le choix des matières de fabrication (matières naturelles et biologiques ; matières artificielles faites dans le strict respect de l’environnement ; matières issues du recyclage) que sur des règles de production biologiques en accord avec le bien-être des Hommes (ceux qui travaillent et ceux qui achètent). Elle peut, par exemple, chercher cette reconnaissance en se faisant labelliser par GOTS (Global Organic Textile Standard)

Pour les produits de beauté, la différence entre un cosmétique naturel, bio et un produit conventionnel, vient de l’origine et de la qualité de ses ingrédients ainsi que de son processus de fabrication : pas de parfum synthétique, pas d’ingrédients d’origine pétrochimique, pas de test sur des animaux, etc. Un label comme ECOCERT s’engage sur certains de ces points. 

Côté mobilier, un label comme FSC met en avant la préservation du bois utilisé pour fabriquer un mobilier durable et issu de forêts gérées de manière responsable.

Champ de blé

Label ou certification pour les marques dites ecoresponsables ?

Pour rappel, les labels se divisent en deux catégories : ceux qui vérifient les caractéristiques d’un produit ou d’un service et ceux qui contrôlent le fonctionnement d’un organisme (entreprise, association, administration).

Si nous restons dans le secteur du textile, le label Oeko-Tex certifie des produits sans substances toxiques pour l’homme et l’environnement et le label Fair Wear Foundation certifie des conditions de travail équitables pour les travailleur.euse.s du textile dans les entreprises adhérentes.

Les labels peuvent être créés par les pouvoirs publics ou par des organismes privés et ONG (label Max Havelaar pour le commerce équitable) mais aussi être créés au niveau national (label Origine France Garantie) ou au niveau international.

Il va donc s’agir de regarder qui a “certifié” le label pour vérifier qu’il n’y a pas (trop) de conflits d’intérêts. Par exemple, un label textile certifié par la filière textile est peut-être moins regardant qu’un autre label textile, lui certifié par une ONG indépendante ou par un syndicat de travailleurs et/ou travailleuses.

Enfin, les labels ne recouvrent pas tous les critères que certains d’entre nous souhaiteraient voir appliqués. Par exemple, la Fair Wear Foundation certifie des conditions de travail équitables mais pas de minimas sociaux. Cela peut signifier, par exemple, que les travailleurs ont des cadences de travail réglementées mais perçoivent un salaire en-dessous du seuil minimum défini par l’OIT.  Le label, GOTS (Global Organic Textile Standard), quant à lui, certifie des critères environnementaux (le produit contient au moins 95 % de fibres biologiques certifiées, si c’est noté « composé de fibres biologiques », au moins 70 %. Il garantit, lors de la fabrication, l’absence de produits chimiques tels que le chlorophénol, les OGM, les métaux lourds etc.) et sociaux (respect des droits des salariés, liberté syndicale, pas de travail des enfants, pas de travail forcé, sécurité du travail, salaires décents…)

photo pull bio

Et ben dis donc …cela devait être plus clair et c’est pas gagné !

Effectivement, tant qu’il n’y aura pas de “normes” communes et partagées par les différentes filières, nous sommes confrontés à lire les étiquettes, à les décrypter … selon nos propres principes éthiques. Est-ce que je privilégie les fibres utilisées pour la fabrication de mon T-Shirt ? les conditions de travail et la rémunération des salariés qui l’ont produit ? la protection de la faune (test sur animaux) et de la flore (rejet dans la nature de produits plus ou moins toxiques) ? le transport (production locale ou à 10 000 Km de chez moi) ? etc.

 

Plusieurs sites vous renseignent sur tous ces points, le nôtre y compris. Une prochaine newsletter explicitera davantage notre politique vis-à-vis des marques que nous soutenons mais nous avons pensé qu’il fallait commencer par le commencement et dégager la route de la “jungle terminologique” pour comprendre la suite.

Cet article a été écrit par Hélène Gonzalez, 
rédactrice curieuse et passionnée

Photo Helene Gonzalez

Temps de lecture : 7 mn

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